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GLOSSAIRE

Ambiance

Dans son acception la plus large, l’ambiance se définit comme l’atmosphère enveloppant une personne ou une chose. Se dit de la qualité psycho-dynamique d’un milieu (matériel, cognitif) qui environne et conditionne les comportements individuels et les interactions sociales qui s’y développent. Dans l’histoire de l’art, la généalogie historique de la notion d’ambiance, s’inscrit en partie dans le champ de réflexions connexes à l’idée « d’art total », initiée par le romantisme allemand, et particulièrement Wagner, dans la seconde moitié du XIXème siècle, ou encore de celle d’environnement (voir ce mot) qui prend toute son ampleur dans l’art des années 1960-70. La construction d’ambiances est devenue un enjeu important dans l’art occidental des années 1950-70, comme en témoignent les investigations « psycho-géographiques » des lettristes, le concept « d’art unitaire » des situationnistes, ou encore l’essor des happenings. Mais c’est à l’articulation de la musique expérimentale et des arts visuels que cette pratique a été la plus efficiente, désignant le développement d’atmosphères modales et poly-sensorielles, par exemple dans le travail développé par Brian Eno.

 

Appropriation

Fondé d’après l’acception anglaise du mot, le geste de l’appropriation au sens esthétique, tel qu’il s’est développé particulièrement en France dans les années 1960, chez certains nouveaux réalistes ainsi que dans l’œuvre de l’artiste Ben, n’est pas l’adaptation de quelque chose à un usage déterminé, mais indique bien une prise de possession de quelque chose. En ce sens, l’appropriation diffère du ready-made duchampien (pour Duchamp, l’objet a moins d’importance que le régime de regard construit par le ready-made), mais aussi du détournement (voir ce mot), puisqu’une appropriation n’est pas sous-tendue par des motivations expressément critiques. Avec l’appropriation, c’est le geste de la prise au sens plastique qui importe.

 

Art brut

"Nous entendons par-là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en oeuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions..." Jean Dubuffet

L’Art brut préféré aux arts culturels, octobre 1949

L'art brut se caractérise par l'utilisation fréquente de matériaux à priori non artistiques. Il exprime la spontanéité, entretient une relation de proximité avec l'art des marginaux, l'art des "fous", des médiums, ainsi qu'avec les productions des enfants avant l'apprentissage des codes de représentation.

 

Architecture

L'architecture est l'art d'imaginer, de concevoir et de réaliser des édifices. L'architecture est basée sur une conception technique de la construction tout en poursuivant des objectifs esthétiques, sociaux et environnementaux liés à la fonction du bâtiment et à son intégration dans son environnement.

 

 

Arrangement, Assemblage

L’assemblage fait partie des trois techniques principales de l’histoire de la sculpture, et procède d’une logique associative, tout en demeurant dans le champ ontologique réservé à l’objet. Bien qu’il s’agisse d’une technique largement utilisée par les sculpteurs depuis plus d’un siècle, comme par exemple Rodin, l’assemblage a connu un regain d’intérêt dans les années 1980, dans le sillage de l’œuvre d’Anthony Cragg et du mouvement de la Nouvelle sculpture anglaise.

 

Art conceptuel

Mouvement artistique qui s’est développé entre 1966 et 1972, principalement aux Etats-Unis autour de la galerie de Seth Siegelaub à New York, ainsi qu’en Angleterre autour de la revue Art & Language. La plupart des artistes conceptuels se réclament de l’héritage de Duchamp, et font également référence au texte de l’artiste Fluxus Henry Flynt intitulé « Concept Art », publié en 1961 dans la revue An Anthology. Dans ce texte programmatique, Flynt postule que les sons sont à la musique ce que les concepts sont à l’art conceptuel, à savoir leur matériau de base. Dès 1962 cependant, Flynt développe sa théorie d’une « culture a-cognitive » et s’illustre comme l’un des principaux pourfendeurs de l’art conceptuel.

Les artistes conceptuels qui se sont revendiqués comme tels entre 1966 et 1972 furent assez peu nombreux : on trouve entre autres Douglas Huebler, Lawrence Weiner, Joseph Kosuth, Sol LeWitt, Robert Barry, le groupe Art and Language… Un certain nombre de contre-sens ont aujourd’hui encore cours concernant l’art conceptuel. Parmi ceux-ci, une mélecture de l’essai que Lucy Lippard a consacré à l’art conceptuel en 1973 (Six Years : The Dematerialization of the Art Object) a durablement installé l’erreur relative au terme anglais de « dematerialization ». Ainsi, maints commentateurs affirment que l’art conceptuel serait « un art de l’idée » (avec des présupposés néo-platoniciens de distinction entre idée et matière, fond et forme, à quoi s’ajoute une confusion entre les notions de concept et d’idée), incarné dans l’utilisation du langage et le déni du dispositif plastique. D’autres critiques n’hésitent pas à faire remonter la généalogie de l’art conceptuel au début du XXème siècle, voire à Léonard de Vinci qui envisageait la peinture comme « cosa mentale ».

L’esthétique conceptuelle repose principalement sur l’éradication de toute subjectivité (expression, manière etc.), ainsi que sur la mise en œuvre de dispositifs administratifs (tapuscrits, photographies documentaires, planches contacts, matériels de bureautique, modalités de présentation directe). D’autre part, les œuvres conceptuelles exposent leur processus de production dans un but ouvertement critique, générant une interrogation sur leurs propres moyens et fins. Cet aspect critique tient également à l’affirmation de formes de l’intention (statement, protocole etc.), ainsi qu’à une rationalité plastique adossée à des théories philosophiques revendiquant un positionnement analytique, de Kant à Wittgenstein. Enfin, les œuvres conceptuelles se fondent généralement sur un recours au langage verbal envisagé sous l’angle strict de la tautologie, de la clôture et de l’autoréférence.

 

Art des jardins

Art de vivre, le jardin est un lieu de mémoire dynamique qui a une place toute particulière dans l'imaginaire. Il exprime la façon dont un groupe humain, dans des conditions historiques données, s'appréhende lui-même, définit ses conditions d'existence, se situe par rapport à la nature.

Du paradis des Perses au verger de l'Occident médiéval, l'art des jardins ne se comprend qu'à l'intérieur de chaque société. Même si le jardin est potager, puis parc, il est avant tout un haut lieu symbolique : le paradis est un jardin des délices, la représentation symbolique d'un monde immaculé jamais vu antérieurement. Le jardin œuvre d'art est à replacer dans son contexte culturel pour comprendre les relations que celui-ci entretient avec la vie matérielle sociale et spirituelle de son époque.

 

Art vidéo, cinéma : l’art contemporain et l’image en mouvement

L’image en mouvement a été envisagée dès les débuts du XXème siècle pour ses propriétés formelles intrinsèques, comme en témoignent certains films abstraits réalisés par les dadaïstes ou les constructivistes dans les années 1920-30, et qui inaugurent ce champ cinématographique nommé cinéma expérimental. Conjointement à cette histoire, le cinéma s’est développé en tant que champ particulier, développant un format, des genres, une grammaire et une industrie spécifiques, et qui ont été également investi par les artistes, comme par exemple les films surréalistes de Dali et Buñuel. Le coût relativement élevé de la réalisation de films en 16 ou 35 mm a été un frein notable à leur production, mais l’apparition de caméras portatives et bon marché, comme le super 8, à partir des années 1960, a engendré un profond renouvellement formel de ce champ, dont le meilleur exemple reste sans doute Jonas Mekas et son « journal filmé ». Dès lors, le champ du cinéma expérimental ne cesse de se renforcer. L’apparition des premières technologies vidéographiques grand public, dans les années 1970 va notamment permettre à de nombreux artistes de documenter leurs performances (Chris Burden), de créer des installations vidéos (Bill Viola) sortant du format de la projection cinématographique, et que se développe un véritable art-vidéo, soit un langage plastique spécifiquement lié à ce médium. A partir des années 1990, certains artistes ont cherché à interroger et à se confronter au cinéma en tant qu’industrie culturelle, à en déconstruire les codes, comme Douglas Gordon, Pierre Huyghe ou encore Matthew Barney, que l’on peut considérer comme un artiste-réalisateur de films. Désormais, les multiples conditions de production et d’usages sociaux de l’image numérique font de chaque individu un producteur potentiel d’images en mouvement, ce qui constitue, ainsi que le pense le philosophe Boris Groys, le principal défi posé aux artistes en ce début de XXIème siècle.

 

Biomorphisme

Caractère d'une œuvre d'art de tendance non figurative dont les formes rappellent celles du monde organique, qui a recours à des formes issues de la nature, mais simplifiées et choisies pour des raisons structurelles et plastiques fortes.

 

Boucle

Séquence, musicale ou vidéo, qui se répète sans fin. La boucle crée un effet de suspension dans le temps, d’infini, de répétition.

 

Broderie

Travail d'ornementation exécuté à la main ou à la machine, et consistant à passer des fils (de coton, soie, or, argent ou laine) à l'aide d'une aiguille ou d'un crochet sur un tissu marqué d'un dessin; résultat de ce travail; faire de la broderie

 

Camouflage, peinture camouflage

Le camouflage Dazzle, aussi connu sous le nom de Razzle Dazzle aux États-Unis (Dazzle signifiant « embrouiller » en anglais), était une technique de camouflage destinée à protéger un navire des tirs d'artillerie et de torpilles, en empêchant l'adversaire d'estimer avec précision sa position et son cap. Attribué à l'artiste Norman Wilkinson, ce camouflage repose sur un motif complexe formé d'un enchevêtrement de lignes irrégulières et de couleurs très contrastées, afin de briser la silhouette du navire.

Très utilisé à la fin de la Première Guerre mondiale et avec moins de succès pendant la Deuxième Guerre mondiale, il devint rapidement obsolète du fait des progrès réalisés dans la télémétrie et de l'avènement d'une nouvelle technique de détection : le radar.

 

Clair-obscur

En peinture et en dessin, procédé qui consiste à moduler la lumière sur un fond d'ombre afin de suggérer le relief et la profondeur.

 

Code iconographique, iconographie, iconologie

L’iconologie, que l’on peut définir comme la manière dont les images signifient (une science des représentations figurées), ainsi que la méthode pour les interpréter, est l’un des principaux apports méthodologiques de l’histoire de l’art à l’ensemble des sciences humaines et sociales. L’iconologia conçue par Cesare Ripa en 1593 pour définir certains types de représentations (comme l’allégorie), et définie avec précision entre 1907 et 1939 par des historiens de l’art tels que Warburg et Panofsky (voir l’analyse des trois niveaux d’interprétation de l’œuvre d’art par ce dernier), elle n’a cessé depuis d’être l’enjeu de disputatio épistémologiques extrêmement fécondes, entre historiens de l’art, de la culture, esthéticiens etc.

Un code iconographique désigne un ensemble d’éléments structurants un type de représentation clairement identifiable (les scènes de genre, le portrait etc.) fondé sur un système de conventions visuelles, qui évolue au contact d’autres codes selon des déterminations sociaux-historiques elles-mêmes identifiables (conquêtes militaires, globalisation culturelle etc.).

Quant à l’iconographie, elle désigne un ensemble cohérent de représentations dont on peut qualifier le champ de manière thématique (les comics, la science-fiction).

 

Collection

Réunion d’objets présentant un intérêt particulier ou rassemblés par simple goût pour l’accumulation. En termes de logique, la collection désigne à la fois un ensemble d’éléments, l’action qui les a constitués en un ensemble et le lien qui unit ses éléments. L’acte de collectionner, au niveau individuel, peut être compulsif et/ou raisonné. Du point de vue institutionnel (Musée, Centre d’art etc.), la collection suppose un producteur (l’institution) mobilisant des acteurs (conservateurs, scientifiques etc.), un terrain, une collecte asservie à des objectifs précis (scientifiques, muséologiques, etc.), un inventaire, bref, une série d’actions fortement réglées et ritualisées. Dans le champ de l’art, les collections se fondent sur des regroupements homogènes et signifiants du point de vue du producteur (par genres, mouvements, techniques, périodes chrono-culturelles, thématiques, enjeux spécifiques, goût du collectionneur etc.), ainsi que sur une manière de les présenter (les formes d’exposition de la collection). Excepté dans le cas de pratiques psychopathologiques obsessionnelles, la collection à titre individuel, est généralement le fait d’un « amateur », et qui se constitue socialement comme tel.

Enfin, l’acte de collectionner produit du sens et recoupe les schèmes rationnels du penser/classer, comme l’a démontré le livre éponyme de Perec, ainsi qu’une tentative (vanité) d’épuiser le réel.

 

Composition

Terme ayant comme étymon latin componere, qui signifie « placer ensemble ». La composition est l'organisation hiérarchisée d'un espace à deux ou trois dimensions, qui tient compte du format dans lequel elle s'inscrit et dont l'unité d'ensemble dépasse l'addition (la juxtaposition) des éléments qui la constituent. Quoique les modalités d’organisation peuvent varier d’une œuvre à l’autre, et reposer sur des éléments structurants de différents types (motif, lignes de fuite, couleurs, matériau, sujet), l’étude de la composition renseigne toujours sur le point de vue que construit l’œuvre, ainsi que sur le chemin heuristique qui a présidé à son élaboration.

 

 

Contexte

Terme usité en linguistique, et qui, par extension, désigne dans le champ de l’art l’entourage physique et socio-dynamique au sein duquel l’œuvre est en situation. Dans ce sens, le contexte apparaît comme un ensemble de circonstances liées, et se poser des questions d’ordre contextuel suppose d’examiner quelles sont les conditions de cette situation, ainsi que les éventuels rapports d’articulation, de proximité ou d’inadéquation existant entre l’œuvre et son contexte. Pour mémoire, l’artiste Jan Swidzinski a rédigé le manifeste de « l’art contextuel » en 1976, que l’on pourrait décrire comme une sorte de synthèse entre l’art conceptuel américain et l’art sociologique français, et quoique de nombreux artistes aient développé une approche contextuelle dans leur travail plastique, Jan Swindzinski a été le seul à tenter d’initier un véritable mouvement fondé sur des bases contextuelles.

Enfin, la réflexion conduisant à replacer l’œuvre dans son contexte historique et social est l’une des démarches principales des historiens de l’art.

 

 Conversation piece

Terme anglais désignant une certaine catégorie de tableaux située à mi-chemin entre le portrait, la scène de genre et le paysage : on y voit plusieurs personnages identifiés, représentés généralement dans leur maison, leur château ou leur jardin et ayant entre eux des rapports de conversation ou de communication.

 

Critique

La critique suppose deux éléments : l’identification d’une situation de crise, ainsi que l’examen méthodique de ce phénomène motivant un jugement, lequel appelle une réaction d’ordre pratique. La notion de critique dans le champ de l’histoire des idées est liée à l’essor de la « théorie critique », initiée par l’Ecole de Francfort, et plus particulièrement par Max Horkheimer et Theodor Adorno dans les années 1930, qui ont tous deux été forcé à l’exil suite à l’accession du régime nazi au pouvoir en Allemagne. Prenant en charge le double héritage rationaliste et matérialiste développé par Karl Marx dans son projet d’émancipation humaine, la « théorie critique » a surtout connu un succès important dans les années 1960, avec la multiplication des mouvements de révolte étudiante aux Etats-Unis et en Europe, comme manière d’intellectualiser et de combattre le processus d’industrialisation culturelle en cours à l’époque, ainsi que les comportements sociaux que ce processus générait.

Dans les années 1960-70, la notion de critique permet de dépasser la posture morale de l’engagement qui dominait chez les artistes au cours du premier XXème. Les artistes qui se sont déclarés critiques, parmi lesquels Hans Haacke, ou qui ont plus simplement intégré une forme de critique sociale parmi les enjeux de leur travail, développent à des degrés divers une attitude à la fois cognitive et plastique qui leur permet de questionner tous les présupposés idéologiques et théoriques liés aux conditions de production et de réception de l’œuvre d’art, mais également ses modes d’inscription dans le champ historique et social.

 

 

Cultures populaire, savante

Dichotomie fondée sur des stratifications sociales dûment identifiables dans la plupart des sociétés, qu’illustreraient quasi-mécaniquement des formes culturelles tout autant identifiables, et qui ont longtemps fait l’objet d’une essentialisation, et de processus de légitimation cloisonnés. Or depuis les années 1960, du fait de l’inexorable processus de globalisation, de l’essor de l’industrie culturelle et des enjeux liés à la vie quotidienne, accompagnés d’un relatif déclassement des artistes (qui ne sont plus exclusivement issus des couches sociales supérieures), cette dichotomie nette tend à se brouiller, voire à s’estomper, au profit d’une circulation, voire de compénétrations, de télescopages entre des formes, des pratiques, des esthétiques supposées savantes ou populaires, ainsi que leurs valeurs associées. In fine, parce que des rapports de force et de domination subsistent entre différentes catégories sociales, il demeure des expériences, des usages savants ou populaires de formes culturelles, mais qui loin de s’opposer, peuvent parfois se compléter, voire se recouper, et auxquels les sciences humaines et sociales s’intéressent tout particulièrement, comme le prouvent les travaux de Richard Shusterman, longtemps pionniers en ce domaine.

 

Délégation

Le fait, pour un artiste, de charger un tiers de la réalisation de tout ou partie de son œuvre constitue un fait social remontant aux origines de l’art occidental, et s’explique essentiellement par des conditions de production liées à la notoriété des artistes, ainsi qu’à l’ampleur des œuvres à réaliser : plus un artiste a de commandes, et plus les œuvres sont monumentales, plus l’artiste délègue. Les ateliers de Phidias, à l’antiquité, employaient plusieurs centaines d’artisans, et environ quatre-vingt personnes travaillaient dans l’atelier du peintre David, peu après la Révolution française. Cette pratique, liée à l’organisation d’ateliers (voir ce mot), jouait d’ailleurs un rôle considérable dans le processus de transmission des modèles artistiques.

En revanche, la revendication de la délégation en tant que séparation stricte entre les phases de la conception et de la réalisation prend naissance au XXème siècle, notamment à travers la figure de l’artiste-ingénieur, revendiquée par certains artistes liés aux mouvements Bauhaus ou constructiviste, ou plus tardivement dans l’art conceptuel (voir à ce propos les murs peints de Sol LeWitt). Prise en ce sens, la pratique de la délégation instaure toujours une réflexion sur les modalités de production de l’œuvre.

 

Détournement

Le détournement, pratique inventée par les situationnistes dans les années 1950 « s’emploie par abréviation de la formule : détournements d’éléments esthétiques préfabriqués » (Cf. Internationale situationniste n°1, juin 1958, article « Définitions »). A la différence notable de l’appropriation, le détournement induit une mise à distance critique du matériau sélectionné et mis en œuvre hors de son contexte d’inscription initial, contribuant selon les vœux des situationnistes, à la « construction supérieure du milieu » (ibid.).

 

Design

Approche esthétique d’un objet, tant au niveau des matériaux qui le composent que de sa forme, de sa taille et de ses couleurs. Parce que, comme l’expliquait Raymond Loewy, « la laideur se vend mal », il est devenu un élément aujourd’hui incontournable de la définition du produit et/ou de la marque, qui tente de plus en plus de concilier esthétisme, ergonomie, information et fonction pratique.

"Le design est une activité créatrice dont le but est de déterminer les qualités formelles des objets produits industriellement. Par qualité formelle, on ne doit pas seulement entendre les qualités extérieures, mais surtout les relations structurelles et fonctionnelles qui font de l’objet une unité cohérente." Thomas Maldonado, ICSID, International Council of Industrial Design.

 

"Le mot design utilisé en France, est emprunté à l’anglais design, qui signifie, au XVIIe siècle, "plan d’un ouvrage d’art". Le mot anglais est lui-même d’origine français, latine, designare. Il provient de "dessein" et de ses dérivés "dessigner" ou "desseigner" qui signifiaient à la fois dessiner, montrer, indiquer.

 

Dispositif

Mode d’organisation symbolique et formel, constitué d’éléments hétérogènes, qui contribue à mettre en place les conditions d’une action ou de plusieurs actions. En ce sens, il s’agit d’une construction cognitivo-plastique.

 

Dystopie

Une dystopie — ou contre-utopie — est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur et contre l'avènement de laquelle l'auteur entend mettre en garde le lecteur. La dystopie s'oppose à l'utopie : au lieu de présenter un monde parfait, la dystopie propose un des pires qui soit. La différence entre dystopie et utopie tient moins au contenu (car, après examen, nombre d'utopies positives peuvent se révéler effrayantes) qu'à la forme littéraire et à l'intention de son auteur.

 

Engagement

La figure de l’artiste engagée telle qu’elle s’est développée entre les années 1930 et 1950, dans le contexte de la lutte contre le fascisme, le nazisme et le totalitarisme, et dont l’œuvre exemplaire fut Guernica de Picasso, n’a plus vraiment court aujourd’hui. Déjà, la querelle qui opposa André Breton à Aragon en 1931 à propos d’une ode poétique intitulée « Front rouge » que ce dernier dédia à Staline, mit au jour une scission au sein du mouvement surréaliste, entre les tenants d’un art de « circonstance » directement asservi à une cause jugée supérieure, et qui se rapprocha de l’esthétique du réalisme socialiste, l’esthétique officielle mise en place dans l’ensembles des états socialistes liés à l’URSS, et d’autre part, les tenants d’une art supposé « libre », détaché de tout déterminisme contextuel, tout en se déclarant « au service de la révolution ». La prise de conscience progressive des travers du modèle soviétique par les artistes occidentaux, ainsi que le mouvement de reflux des modèles marxistes-léninistes, ont contribués à ce qu’émerge au cours des années 1960, des formes d’art de l’intervention. Les artistes en question, loin de se réfugier dans l’illusoire et idéaliste refuge de l’art pour l’art, ont pris à bras-le-corps les enjeux de leur époque, en intervenant avec leurs moyens propres (happenings, installations etc.) dans le débat public, mais sans s’inféoder à une thèse qu’il s’agirait de défendre, et encore moins d’illustrer, mais un endossant un rôle d’enquêteur, de mise en question critique, dans laquelle le geste de mise en exergue du problème l’emporte sur toute forme de posture moralisatrice.

 

Environnement

L’environnement, est un mode d’organisation plastique qui enveloppe spatialement les spectateurs, amenés non seulement à le percevoir comme tel, mais également à le vivre. Etonnamment, il se définit ainsi comme le parallèle plastique de la notion de lieu, rattachée aux réflexions liées à l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme. Historiquement, les formes de l’environnement se sont développées dans l’art américain des années 1960-70, particulièrement dans le sillage du travail d’expansion des domaines artistiques (tels que la peinture et la sculpture) d’un Robert Rauschenberg, ou en lien avec la pratique des happenings théorisée par Allan Kaprow (la dimension active en moins), et participent d’une réflexion sur l’intégration des arts dans la lignée du concept d’art total (voir le mot ambiance).

En revanche, l’environnement se définit comme un espace d’expérience qui ne se limite pas à un travail sur des matériaux et des espaces naturels, ce qu’une approche restricitve et centrée sur le Land art pourrait laisser croire, et il subsiste également une confusion récurrente avec la notion d’installation (voir ce mot).

 

Espace public

L’espace public, qui repose sur une double désignation, spatiale autant que collective, représente une typologie particulière de lieux généralement ouverts (rues, places etc.), propriété de tous et à l’usage de tous. En tant que catégorie universelle abstraite fondatrice de la pensée des Lumières, et dont la Révolution française a signé l’ordre d’apparition politique en se réappropriant le concept républicain romain de res publica, l’espace public désigne également par extension métonymique une espace d’expression et de débat démocratique au sein des états-nations modernes, et regroupe de fait un certains nombre de termes qui lui sont associés tels qu’opinion publique, service public, droit public etc. Critiquant les présupposés idéalistes qui sous-tendent cette acception abstraite, le sociologue Pierre Bourdieu en a démontré les limites en mettant à jour la manière dont l’espace dit public est tressé par des rapports sociaux de domination tendant à déposséder les catégories dominées de leur propre dépossession, relativisant la réalité de l’égalité d’accès et d’usage de l’espace public.

Dans le champ de l’art, l’espace public est devenu un enjeu prépondérant à partir des années 1960-70, lorsque des artistes pratiquant la performance ou d’autres types d’intervention plastique, se sont emparés de la rue comme lieu d’expression à part entière. Qu’il s’agisse de pièces in situ de Buren, ou de performances se déroulant dans la rue comme chez Lin Yilin, l’espace public se caractérise par son côté accidentel : le public, pris au sens des passants, n’est pas prédéterminé à priori à voir l’œuvre qui s’y déploie comme une œuvre, ni à réagir selon les normes comportementales qu’impose l’Institution muséale, et c’est cette ouverture de possibilités de réception, d’expérience et d’usage en collusion avec des contextes et des temporalités données, qui en fait tout l’intérêt, et la dimension souvent critique.

 

 

Event

Dès la fin des années 1950, George Brecht a su inventer une forme radicalement novatrice : l’Event (événement). L’Event est constitué d’une courte partition écrite, généralement sous forme d’une carte à jouer, et de ses réalisations physiques ou spéculatives. Comme le dit l’artiste : chaque partition d’Event est « un énoncé minimal pour une interprétation maximale ». Œuvres sans objet, arrangements plastiques et cognitifs, ces événements fondés sur l’indétermination ont pour enjeu principal de transformer notre régime d’expérience. Grâce à l’Event, il ne s’agit plus de voir le monde comme une simple collection de choses, mais comme un processus ouvert, constitué par tout ce qui a lieu.

Le Water Yam, modeste boîte en carton designée par George Maciunas, constitue la première anthologie de partitions d’Events éditée en 1963. Son éventuel propriétaire, plutôt que de posséder une œuvre de Brecht, peut réaliser, à sa guise, autant de versions qu’il le désire des différentes partitions qu’elle contient. Les visiteurs sont d’ailleurs invités à emporter certaines des cartes à jouer.

Quant aux Chair Events, il s’agit d’arrangements de chaises et d’objets parfois assortis de phrases extraites du Guiness Book des records. Brecht a choisi les chaises, car il s’agit d’objets quotidiens, qui n’existent pas en dehors de l’usage qu’on en fait. Certaines chaises sont peintes en blanc, et arborent discrètement les couleurs du spectre lumineux. C’est là une sorte d’indication de lecture, puisque le blanc contient toutes les possibilités chromatiques du spectre lumineux, comme l’Event contient potentiellement toutes ses possibilités d’actualisation. L’un et le multiple, se trouvent ainsi indéfectiblement intriqués.

Enfin, les Event Glasses, plus tardifs, puisqu’ils remontent aux années 1980, sont constitués de rectangles de verre montés sur des pieds métalliques qui invitent à envisager tout ce que l’on perçoit au travers comme autant d’événements.

La grammaire de l’Event mise en place par Brecht entre 1957 et 1962 est devenue la forme générique de livraison des concerts Fluxus, et le dispositif sémiotique a donné lieu à de très nombreux dans le champ de la performance à partir des années 1970.

 

 

Gravure sur bois

Apparue à la fin du moyen-âge, la gravure sur bois repose sur l’impression d’un dessin en relief. Une fois que le graveur a dégagé des lignes à l’aide d’outils (gouges, ciseaux) sur une planche de bois, celle-ci est enduite d’encre, et passée sous une presse. Les caractéristiques formelles de la gravure sur bois sont l’aspect linéaire de son dessin, ainsi que l’uniformité des noirs. Ces techniques de gravure représentent le premier mass media dans de nombreuses cultures, et l’utilisation de cette technique par des artistes contemporains (par exemple Liu Qinqyuan) tend souvent à souligner cet aspect.

 

Illusionnisme

Phénomène qui porte à susciter des illusions ou à se faire des illusions, à voir ou à faire voir la réalité de manière erronée.

 

Indétermination

A la différence de la causalité imprévisible exprimée par le hasard, l’indétermination désigne un événement dont on ne peut déterminer avec précision les qualités ni le moment auquel il a lieu, mais aussi le processus qui le construit, que l’on peut intentionnaliser. Ce concept issu des sciences mathématiques et physiques liées à l’essor des recherches dans le domaine subatomique (électron, théories des quanta etc.), est devenu un enjeu artistique important au cours des années 1950-60, grâce au compositeur John Cage, qui en fit l’un des piliers de sa méthode de composition, ainsi qu’à bon nombre de ses anciens étudiants, protagonistes de Fluxus (George Brecht, Dick Higgins…) ou des happenings (Allan Kaprow). Dans l’art contemporain, le recours à l’indétermination a toujours servi de positionnement critique vis-à-vis du mythe démiurgique de la maîtrise du processus créatif, et a aussi permis d’ouvrir à l’infini le champ des possibilités de l’art (seul le dispositif de départ est déterminé, mais pas la réalisation. Cf. Event).

 

In Situ

Cette locution d’origine latine pose la question de la relation de l’œuvre d’art et du lieu dans lequel elle est exposée : comment l’œuvre a-t-elle lieu ? Une œuvre est dite in situ lorsqu’elle est spécialement conçue et réalisée pour un espace et un contexte déterminés. Dès lors, le sens de l’œuvre comme ses enjeux esthétiques et plastiques ne peuvent être envisagés que dans leur interaction avec le lieu dans lequel l’œuvre s’inscrit. La réflexion relative à l’in situ s’est principalement développée à partir des années 1960, comme un dépassement du paradigme de l’exposition et des questions d’accrochage, sous l’impulsion d’artistes dans le sillage du Land art, ou encore de Christo et Jeanne-Claude. Daniel Buren fut le principal artiste et théoricien de l’in situ.

 

 

Installation

C'est une forme d'expression artistique assez récente. L’installation est généralement un agencement d'objets et d'éléments indépendants les uns des autres, mais constituant un tout.

Pour ne pas se réduire à une simple présentation des éléments qu’elle contient, l’installation est réalisée dans des conditions spécifiques qui prend en compte les tensions ou les conflits qui peuvent apparaître entre l’œuvre et l’espace environnant.

Proche de la sculpture ou de l'architecture, l'installation peut être in situ, c'est à dire construite en relation avec un espace architectural ou naturel et uniquement celui-ci.

Le mot désigne aussi l’œuvre ainsi obtenue.

Apparue au XXe siècle, l'installation est constituée de plusieurs éléments assemblés pour former une œuvre et occupe toujours un espace qui lui est propre. Qualificatif que l’on emploie quand il n’est pas possible de parler de sculpture pure, puisque les œuvres dont il est question interviennent en relation avec le lieu dans lequel elles sont présentées. L’œuvre n’est plus conçu comme un objet autonome et mobile, mais comme un ensemble et propose au spectateur de l’immerger dans une situation. L’espace d’exposition se trouve intégré à l’œuvre et l’œuvre dépend de lui.

 

 

Lisuel

Terme avancé par la stylistique littéraire (Jean-Pierre Bobillot, Trois essais de poésie littérale, Romainville, Al Dante, 2003), qui repose sur la contraction des mots « lisible » et « visuel ». Désigne une particularité formelle d’un motif, dans lequel l’intrication des caractéristiques plastiques et verbales est maximale, et dont la préhension relève à la fois du processus de déchiffrement de la lecture, linéaire, et de celui, éminemment tabulaire, de l’organisation du regard dévolu aux arts plastiques.

 

Matérialité lettrique

Désigne l’ensemble des propriétés plastiques (couleur, format, typographie, disposition, etc.) caractérisant la forme écrite d’un énoncé verbal (manuscrit, tapuscrit, lettrage adhésif etc.).

 

Métaphore

Etymologiquement, la métaphore, qui vient du grec metaphora, veut dire transport. En rhétorique ou en sciences du langage, la métaphore désigne un transfert de sens entre deux entités linguistiques réunies syntaxiquement ou non, mais dont les champs de significations respectifs sont a priori distincts, de sorte que certaines caractéristiques sémantiques de l’une peuvent être associées à l’autre et réciproquement. Ce processus peut être motivé, c’est-à-dire explicité par un lien syntaxique ou sémantique lisible, ou in absentia (immotivé). La métaphore est l’une des figures principales du langage poétique.

Dans le champ des arts plastiques, par analogie avec le sens linguistique du terme, le langage métaphorique consiste à mettre en place des transferts de significations entre des éléments plastiques distincts, réunis par un procédé tel que le collage, ou l’assemblage etc., et qui dès lors, appellent une interprétation plus discursive que formelle. La métaphore, au sens plastique, participe d’un langage figuré (par exemple, les collages surréalistes) qui s’oppose au langage littéral (chez les artistes conceptuels notamment).

 

Minimalisme

Style de sculpture ou de peinture non figuratif, généralement très restrictif quant à l’utilisation d’éléments visuels, et consistant souvent en de simples formes ou masses géométriques.

Né aux Etats-Unis au milieu des années 60, interprété comme une réaction au débordement subjectif de l’Expressionnisme abstrait et à la figuration du Pop art, le Minimalisme est caractérisé, entre autres, par un souci d’économie de moyens. Il hérite du célèbre principe de l’architecte Mies Van der Rohe « Less is more », des œuvres de Malevitch, et reconnaît le peintre abstrait Ad Reinhardt comme l’un de ses pionniers.

Si la sobriété extrême est bien l’une des qualités communes à l’œuvre de ces artistes, elle ne constitue pas, selon eux, un but en elle-même. L’insistance sur cette caractéristique, qui présente leurs œuvres sous l’angle de la pauvreté, leur paraît un jugement réducteur au point qu’ils rejetteront l’appellation de Minimalisme ou d’Art minimal.

Leur travail et leur réflexion portent avant tout sur la perception des objets et leur rapport à l’espace. Leurs œuvres sont des révélateurs de l’espace environnant qu’elles incluent comme un élément déterminant.

Le Minimalisme a profondément marqué l’évolution de l’art contemporain. Incarnant la tendance américaine dominante à la fin des années 60, il a suscité de nombreuses réactions.

Ainsi, dès sa naissance, le mouvement Arte Povera – qui se fonde sur la conscience politique de l’artiste et une idée de la « pauvreté » de l’art dans le sens d’une précarité nécessaire – s’est opposé directement à la sophistication volontairement froide et neutre du Minimalisme.

Mais le Minimalisme est aussi à l’origine d’une part importante de la sculpture contemporaine et de l’Art conceptuel – lequel prolonge le souci d’économie de moyens jusqu’à privilégier l’idée sur la réalisation.

 

 

Mythologie

On appelle mythologie soit un ensemble de mythes liés à une civilisation, une religion ou un thème particulier, soit l'étude de ces mythes. Les chercheurs qui étudient les mythologies sont appelés « mythologues ».

Comprise comme ensemble de mythes, la notion de mythologie est généralement utilisée pour décrire des ensembles de récits et de figures divines, humaines ou monstrueuses brassés par les systèmes religieux des civilisations anciennes ou de sociétés traditionnelles, éloignées dans l'espace ou dans le temps.

Comprise comme l'étude des mythes, la mythologie remonte également à l'Antiquité, dans la mesure où les Grecs anciens portent très rapidement un regard critique sur leurs propres mythes, ce qui amène à des interprétations liées à une volonté de réécriture réaliste ou moralisante, via des courants tels que l'évhémérisme et la pratique du commentaire allégorique. Mais ce n'est qu'au XIXe siècle que les études mythologiques se constituent en une discipline à prétention scientifique, dans le contexte du développement des sciences sociales, en particulier de l'anthropologie. C'est aussi à ce moment que naît la mythologie comparée, conçue d'abord sur le modèle de la linguistique comparée. De cette évolution sont issus les principaux courants des études mythologiques aux XXe ‑ XXIe siècles, tels l'interprétation ritualiste, l'approche psychanalytique ou le structuralisme.

 

 

Néons

Tubes luminescents ou fluorescents destinés à l’éclairage, et souvent employés pour la réalisation d'enseignes lumineuses dans l’espace urbain. Dan Flavin est le premier artiste à utiliser des néons tout en restant dans le cadre générique de la peinture : il s’agit pour lui de faire vibrer la couleur dans l’espace.

 

Palette

Mince plaque de forme ovale, souvent percée d’un trou pour passer le pouce, sur laquelle le peintre dispose et mélange ses couleurs. Désigne par extension métonymique la gamme de couleurs caractéristiques d’une œuvre ou du style d’un artiste.

 

Participation

Une œuvre dite participative repose sur l’interaction avec le public, entendue au sens d’une participation active qui influe sur la forme et le sens de l’œuvre.

 

Paronomase

Figure de style qui consiste à rapprocher des mots qui ont une prononciation et une graphie semblables, mais dont la signification diffère.

La paronomase est en fait une association de paronymes dans un même énoncé. Elle peut être explicite (les deux mots sont présents dans la phrase) ou implicite (un seul des mots est présent). Par exemple, il y a paronomase dans : Je m'instruis mieux par fuite que par suite (Montaigne).

 

Peinture figurative

Qui représente une "chose" (personnage, STRUCTURE, objet, etc) appartenant à la réalité visible.

 

Performance

Apparue dans les années 50 aux État - Unis, la performance articule une ou plusieurs formes d'expressions corporelles. Ce langage est d'abord utilisé par des artistes cherchant à élargir le concept d'art. Le corps de l'artiste ou celui d'acteurs performeurs devient un matériau premier de la création où se rencontrent des éléments planifiés et d'autres aléatoires. De durées variables, souvent éphémères, elles sont toutefois connues grâce à des traces qui en témoignent : photographies, films, vidéo, voire vestiges des performances.

L'œuvre est l'action elle-même et le public fait partie intégrante de cette création.

 

Pergola

Construction légère dont la toiture est faite de poutres espacées reposant sur des piliers ou des colonnes et qui peut servir de support à des plantes grimpantes.

 

Poïésis

Poïésis veut dire "faire", en Grec ancien. Ce mot à l'origine de notre moderne poésie est donc d'abord un verbe, une action qui transforme et continue le monde. Ni production technique, ni création au sens romantique, l'oeuvre poïétique réconcilie la pensée avec la matière et le temps, et l'homme avec le monde.

 

Récupération

Elément étranger à tout contexte artistique, exposé comme objet d’art ou partie intégrante d’une oeuvre. Objet récupéré par un artiste et exposé avec peu de transformations comme une oeuvre d’art. En sortant l’objet de son environnement habituel, on suggère de nouvelles façons de l’appréhender.

 

Reenactment

Le reenactment est un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les participants recréent une période historique donnée ou plus particulièrement un événement militaire passé. Le reenactment met en scène la plupart du temps des batailles et faits d’armes. La base historique est cependant interprétée par les reenactors qui n’hésitent pas à inventer des saynètes plausibles et à broder autour de leurs connaissances. Des spectateurs peuvent assister quelques fois aux séances, notamment lors des larges rassemblements, mais il ne s’agit pas d’une condition sine qua non de la pratique. Nous ne sommes donc pas en présence de ce qui pourrait s’apparenter à un spectacle. Le phénomène tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, dans son acceptation moderne, débute avec les commémorations en 1960 du centenaire de la Guerre civile américaine (1860-1865) aux États-Unis. On pourrait cependant remonter les origines du reenactment jusqu’au temps de l’Empire romain. Les Romains reconstituaient en effet des batailles navales fameuses dans le Colisée, appelées Naumachiae, en inondant celui-ci.

 

Résidence

Une résidence d'artiste ou de compagnie consiste en l'accueil et en la fourniture de moyens techniques, administratifs ou encore logistiques par une structure culturelle à des artistes ou compagnies ayant besoin de tels dispositifs pour leur travail de création.

 

Schématisation

Procédé de modélisation cognitive donnant lieu à une représentation simplifiée et fonctionnelle de quelque chose, qu’il s’agisse d’une image, d’un objet, d’une idée etc., en le réduisant à ses caractéristiques principales.

 

Sculpture

La sculpture fait historiquement partie de la triade des beaux-arts (peinture, architecture, sculpture) tels qu’ils se sont développés jusqu’au début du XXème siècle dans l’histoire de l’art occidental. L’appréhension de la sculpture en tant que catégorie artistique à part entière repose sur l’analyse de son processus historique d’autonomisation vis-à-vis de l’architecture, avec comme exemple structurant, l’apparition de la sculpture en ronde-bosse.

Initialement fondé sur trois gestes techniques principaux, la taille, le modelage et l’assemblage, la sculpture contemporaine

 

 

Tautologie

Terme de logique et de rhétorique indiquant, par exemple, que dans une proposition donnée, ce dont on parle (le thème) recoupe exactement ce que l’on en dit (le prédicat), invalidant ainsi toute possibilité d’ouverture. Dans l’histoire de l’art, la stratégie tautologique a été couramment employée par les artistes conceptuels pour indexer le discours produit ou suscité par l’œuvre à l’œuvre elle-même et à ses conditions et processus de production.

 

Uchronie

L'uchronie est une évocation imaginaire dans le temps. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u », négatif et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

 

Utopie

Mot composé grec formé du préfixe négatif « ou » et du lexème « topos » (lieu). L’utopie désigne littéralement un lieu qui ne se trouverait nulle part. Utopia de Thomas More (1516), récit philosophique et politique de la Renaissance, narre à la fois le voyage vers un lieu fictif et la description d’une cité et de son mode d’organisation sociale, réglée par des rapports harmonieux entre les différentes parties qui la composent.

 

 

Vidéo

Procédé utilisé par les artistes vidéastes, recouvrant plusieurs techniques de fabrication d’images mobiles : filmage classique (caméra 16 ou 35 mm), filmage vidéo (caméra numérique), élaboration d’images de synthèse animées, assemblage d’images réelles retravaillées et enchaînées sur ordinateur, etc.

   

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